
Publié dans : Méthodes et organisation
Le Digital Learning s’est imposé au cours des dernières décennies comme une modalité pédagogique incontournable. Il n’en reste pas moins un objet de controverse : fantasmé par les technophiles, il est rejeté par les technophobes (la récente polémique suite à la baisse des prises en charge pour les contrats en apprentissage réalisés en distanciel, en est la dernière preuve en date).
Ce débat est stérile, comme toute argumentation bâtie sur le rejet du point de vue opposé. L’erreur des technophiles est d’avoir cru (et de croire plus que jamais avec l’IA) au “grand remplacement” de la formation présentielle par le Digital Learning. Celle des technophobes est de ne pas avoir pris ou de ne pas prendre encore en compte les apports, certes modestes mais ô combien bénéfiques du Digital Learning.
L’IA, mais également tout ce qui est en jeu aujourd’hui dans le champ de la formation (coupes budgétaires, EdTech, RSE, nouvelles attentes des bénéficiaires, etc.) devrait nous conduire à changer de regard sur le Digital Learning et à repenser nos pratiques en écartant les prises de position extrêmes. À l’inverse nous ferions mieux d’aborder la question du Digital Learning de façon pragmatique, à la fois modeste et frugale.
La course à la techno sophistication
Les technophiles convaincus que leDigital Learning pouvait remplacer la formation présentielle se sont évertués à produire des contenus digitaux toujours plus sophistiqués. Car pour faire la preuve qu’une heure de E-learning valent bien une heure de formation présentielle, il fallait retrouver les codes de l’animation de stage dans les modules de E-Learning puis de Rapid E-Learning et même aujourd’hui de Micro Learning.
Prendre le Digital Learning pour ce qu’il est et le laisser pour ce qu’il n’est pas !
La course à la sophistication à la fois technologique et pédagogique a conduit leDigital Learning dans une impasse. Les coûts sont restés élevés après avoir bien diminué après le passage au Rapid Learningdans les années 2010. Ils baisseront probablement avec l’arrivée de l’IA mais tout va dépendre des choix pédagogiques effectués. Car l’IA ne résoudra pas tout en deux ou trois prompts bien rédigés. Pour que l’IA donne tous ses effets encore faut-il (faudra-t-il ?) réduire la voilure en termes d’exigences concernant les contenus digitaux. Et pour accepter cette approche modeste et frugale du Digital Learning, il faut se reposer les bonnes questions :
- À quoi sert un module de E-learning ?
- Comment faire pour qu’un module de E-Learning soit effectivement et efficacement suivi par un apprenant ?
Ni panacée, ni horrible pédagogie, leDigital LearningDigital est aujourd’hui comme le qualifie Philippe Carré dans son dernier livre sur l’efficacité pédagogique (dont nous vous conseillons vivement la lecture – cliquez ici), un simple “auxiliaire pédagogique”. Il peut être un puissant outil pour rendre plus efficace vos formations, mais il ne peut pas tout faire à lui tout seul. L’erreur des commanditaires comme des prestataires est d’avoir eu à la fois trop d’ambition et de craintes à son égard. Un Digital Learning simple, presque rudimentaire d’un point de vue scénarisation et médiatisation, est la voie à investir notamment avec l’arrivée de l’IA qui va permettre de faire des gains de productivité s’ils ne sont mirobolants, à tout le moins conséquents.
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