Comme toujours, il ne manque pas ces temps-ci de sujets qui font l’objet d’une multitude d’interventions dans l’espace public: pipelines, austérité, paradis fiscaux…

Tout le monde et sa mère ont une opinion et s’expriment. Cette richesse de points de vue est-elle pour autant suffisante pour favoriser la compréhension des véritables enjeux qui transcendent ces conversations? Permet-elle au citoyen et, dans certains cas, aux consommateurs de former leur propre opinion et de prendre des décisions éclairées?
Dans une entrevue sur l’évolution de l’information et la montée en puissance des images comme vecteur de communication, l’auteur de La Tyrannie de la communication, le journaliste Ignacio Ramonet, a dressé ce constat:
«L’analyse et la réflexion ont cédé la place au mantra « Voir, c’est comprendre ».»
 
Comme communicateurs, cette situation doit nous interpeller, car elle mine les fondements de nos actions. Selon moi, le communicateur de 2016 et des prochaines années doit accentuer l’intégration de l’approche pédagogique à la stratégie de communication pour jouer pleinement son rôle, puis contrer ces constats.
L’approche pédagogique ne consiste pas à expliquer que des choses simples, mais à expliquer simplement des choses compliquées. Elle reconnaît que le public est capable de tout comprendre pour peu qu’on explique les choses simplement.
D’ailleurs, communication et sont des alliés naturels. Si la communication vise à informer, faire connaître et faire savoir, la pédagogie, elle, aide à amener le public à mieux comprendre et à mieux intégrer l’information transmise.
Par exemple, le communicateur «pédagogue» prend le temps d’écouter, d’analyser et de comprendre l’environnement de ses interlocuteurs; il étudie les motivations des personnes qu’il souhaite joindre; il compte sur le bon dosage d’information et la redondance pour faire progresser la compréhension; il développe une maîtrise du vocabulaire qui facilite la clarté de la communication; il ajuste constamment ses interventions à ses publics; il recherche une rétroaction fréquente pour maximiser l’impact de ses actions; il apprend à mobiliser et à engager; il sait comment et quand personnaliser et utiliser les émotions dans ses interventions; il sème l’espoir, démontre de l’empathie et inspire la confiance.