Il paraît que demain ne sera pas comme hier. En matière de formation l’absence de sens donné aux actions a provoqué de nombreuses déconvenues. Quoi !? Les formés se rebellent ? Ils ne seraient plus dociles ? Changement de stratégie en vue…

 

De l’utopique injonction à se former…

« Soyez heureux ! »

« Euh… désolé, j’ai de la peine. »

Cette injonction paraît bien vaine non ?

Dans une moindre mesure « formez-vous ! » lui ressemble.

Actuellement encore plus qu’avant, nous sommes en recherche de sens pour nos actions, et la formation n’y échappe pas. Quel sens donner aux formations réglementaires qu’il faut faire, re-faire, et re-re-faire tous les ans avec comme unique objectif perçu d’arriver à avoir une petite coche verte en face de son nom ?

Envoyer un Excelophobe en formation Excel niveau 1 est-il le bon remède à son calculo-blocage ? (Jeter un timide sur la scène de l’Olympia en première partie d’un One Man Show n’est peut-être pas la bonne méthode…)

Contrairement à ce que croient certains, la formation n’est pas un « produit » qui peut-être désiré sans envie en appliquant les recettes du consumérisme et en usant d’actions de « Marketing » de la formation. Ce n’est pas la formation qu’il faut vendre (ou imposer), mais c’est le besoin qu’il faut révéler. S’il n’est pas possible de mettre un besoin en face d’une formation, la route va être longue et pénible jusqu’aux niveaux 3 et 4 de l’échelle de Kirkpatrick.

 

… à la réponse à des besoins

Considérer que la formation est un levier sur lequel peut s’appuyer une stratégie dont le seul bénéficiaire est l’entreprise conduit au mieux à un demi-succès, au pire à un échec dont les coupables sont vites désignés : les formés qui ne sont pas disciplinés. Cette vision mécaniste de la formation est heureusement de moins en moins courante.

Progressivement la logique « d’offre » de formation se met en place. Elle nécessite un travail en profondeur et proche du « terrain » pour identifier et qualifier les besoins de formation, puis se mettre ensuite à la recherche des programmes y répondant.

La clé du succès de cette approche est la réactivité à proposer des formations dès l’identification des besoins avant que la motivation à se former ne disparaisse avec le temps. Dans cette démarche, le service formation prend tout son sens : être au service. Et les tableaux de bord des actions de formation sont formels : ça marche !

 

La formation comme une commodité

Il semble plus logique et surtout plus efficace de sensibiliser les collaborateurs au besoin d’actualiser en permanence leurs compétences et leur permettre d’accéder à une offre large de formations correspondant à leurs besoins plutôt que de vouloir faire du « gavage ».

La formation doit être disponible et accessible en permanence, rapidement et facilement et sans avoir à la « quémander ». Il faut aussi réfléchir à la définition d’une formation « terminée ».

En prenant l’analogie des cantines scolaires, il suffit de mesurer la quantité de brocolis qui finissent à la poubelle quand on en sert systématiquement une pleine assiette à chaque enfant pour revoir sa définition de repas terminé.

En formation, la logique est la même, chacun à sa propre notion de « satiété ». Il faut donc revoir les indicateurs de formation « réussie » et « achevée ».

Pour réussir une démarche formation basée sur des offres répondant à des besoins, la réflexion sur la notion d’achèvement est donc essentielle pour ne pas tirer de mauvaises conclusions à la lecture des statistiques issues des différents outils RH, et surtout ne pas entrer dans une course à la consommation.

 

« Allo Houston, ils ne se forment plus ! » — Le grand Yaka