La demande d’aide – une capacité critique bousculée par l’IA
Publié le : mer 29 avril 2026Views: 40

Publié dans : Pédagogie

La difficulté pour des apprenants de demander de l’aide de manière adéquate est un sujet depuis toujours. L’IA générative avec sa capacité d’avoir une réponse à tout, ne fait que renforcer cette difficulté. Or la capacité de demander de l’aide est une capacité clé.

Demander de l’aide fait partie du processus d’apprentissage, il s’agit bien d’une stratégie à maîtriser pour bien apprendre. Dans l’idéal, il faut savoir détecter que l’on est face à une difficulté, essayer de cerner la difficulté, de la reformuler, d’explorer les ressources à disposition, et si nécessaire demander de l’aide soit à l’enseignant, soit à des pairs, soit sur le web, soit maintenant à une IA générative. Si nécessaire, veut dire pas avant d’avoir réfléchi par soi-même, mais aussi suffisamment rapidement pour ne pas rester bloqué. Et finalement dans les différentes formes d’aide, il faut savoir changer d’interlocuteur si la première sollicitation n’apporte pas les bonnes réponses.

Demander de l’aide à quelqu’un ce n’est pas naturel, beaucoup d’obstacles s’y opposent : difficulté de formuler sa question, difficulté à montrer ses hésitations, peur du regard de l’autre ou de le déranger, manque de disponibilité, risque de diverger de la question initiale, peur de ne pas comprendre la réponse … Depuis longtemps demander à la machine semble plus facile et c’est d’autant plus vrai aujourd’hui qu’elle semble en mesure d’apporter des réponses : l’IA ne me juge pas, elle répète sans se fâcher. Si c’est pendant une séance de TD ou de TP sur machine, elle répond plus vite que l’enseignant qui peut être sollicité par ailleurs.

Savoir poser des questions, oser les poser, savoir estimer ce qui nous bloque sont aussi les premiers pas pour pouvoir envisager développer son esprit critique. Il n’est pas possible d’exercer son esprit critique sans (se) poser de question. Il est donc indispensable de dépasser le constat que nos étudiants posent de moins en moins de questions. Le risque est multiple : nos étudiants risquent de sortir de l’école sans savoir interroger un expert, et rester enfermé face à leur machine, ils risquent de se démotiver face à un outil qui les dépasse et qui ne leur apporte pas toujours la bonne réponse, ils risquent de se désengager faute de de renforcement social, de percevoir un manque de reconnaissance par leurs enseignants.

Et les enseignants eux risquent de ne plus trouver de sens à leur métier.

D’un point de vue enseignant, deux pistes sont possibles :

  • (1) proposer des IA génératives qui ont été spécialisées avec le contexte (le contenu du cours, les objectifs visés…), ce qui doit permettre d’aider les étudiants notamment entre les temps de classe,
  • (2) reconnaître l’importance de l’interaction en proposant des séances plus interactives, et en encourageant les étudiants à poser des questions.
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