
Publié dans : Pédagogie
L’envie d’apprendre ne dépend pas uniquement de la manière dont on habille une activité. Elle se construit aussi à partir de ce que l’apprenant comprend de son utilité, de la curiosité qu’elle suscite et du sentiment qu’il est réellement en train de progresser.
Avant de chercher à rendre une formation plus ludique, il peut donc être intéressant de revenir à quelques leviers beaucoup plus simples.
Commencer par une vraie raison d’apprendre
« Aujourd’hui, nous allons voir… »
Cette entrée en matière est classique mais elle ne donne pas forcément envie d’aller plus loin.
Créer de la curiosité plutôt que tout expliquer immédiatement
Une situation surprenante, un cas à résoudre, une affirmation à discuter ou une question dont la réponse n’est pas évidente créent une tension intellectuelle. L’apprenant cherche à comprendre.
La curiosité peut naître de choses très simples :
- une question inattendue ;
- deux situations apparemment similaires qui produisent des résultats différents ;
- une erreur à repérer ;
- un problème dont il manque une partie de la solution.
Permettre de voir sa progression
Une formation peut devenir décourageante lorsque l’apprenant ne sait pas s’il avance.
À l’inverse, constater que l’on sait aujourd’hui faire quelque chose qui semblait difficile quelques heures auparavant procure une vraie satisfaction. Ce sentiment de progression nourrit naturellement l’envie de continuer.
Donner une vraie place à l’apprenant
L’envie d’apprendre diminue rapidement lorsque tout est décidé, expliqué et réalisé par le formateur.
Cela ne signifie pas qu’il faut laisser les participants construire entièrement leur formation. Mais leur donner une marge de choix peut modifier leur implication.
Faire travailler sur des situations qui ressemblent au terrain
Un exercice peut être parfaitement conçu et pourtant susciter peu d’intérêt s’il paraît artificiel.
À l’inverse, une situation dans laquelle l’apprenant reconnaît son quotidien attire immédiatement davantage son attention.
Trouver le bon niveau de difficulté
Une activité trop facile finit par ennuyer. Une activité trop difficile peut décourager.
Entre les deux existe une zone particulièrement intéressante : celle où l’apprenant doit faire un effort mais où la réussite reste accessible.
Ne pas chercher à rendre tout amusant
Apprendre demande parfois de l’effort. Certaines notions sont complexes. Certains entraînements nécessitent de recommencer plusieurs fois. Certaines compétences ne peuvent pas être acquises en quelques minutes.
Vouloir rendre chaque instant ludique peut alors devenir contre-productif.
La gamification est un levier parmi d’autres
Il ne s’agit donc pas de bannir les jeux, les défis ou les mécanismes de gamification.
Ils peuvent être très efficaces lorsqu’ils répondent à une intention pédagogique précise.
Conclusion
Donner envie d’apprendre ne consiste pas nécessairement à rendre une formation amusante.
L’envie peut naître d’un problème que l’on souhaite résoudre, d’une question qui intrigue, d’une situation dans laquelle on se reconnaît ou simplement du plaisir de constater que l’on progresse.
La gamification reste un outil intéressant mais elle n’est qu’un levier parmi d’autres.




