
Publié dans : Méthodes et organisation
L’IA automatise de plus en plus les tâches que l’on confiait hier aux personnes débutantes ou en reconversion, pour qu’elles apprennent le job. D’accord mais faire des tâches, ce n’est pas vraiment exercer un métier ! Inversement, ne pas réaliser certaines tâches, c’est risquer de ne jamais maîtriser le job et pour les personnes expérimentées, risquer de sérieusement décrocher, aussi !
Si l’IA fait les tâches, fait-elle vraiment le job… ?
Un métier, dans la vraie vie, dans le travail réel, ne se résume pas à une liste d’actions que produit le travailleur humain.
Un bon professionnel, qu’il soit par exemple, expert-comptable, enseignant, garagiste, commercial ou maçon, mobilise dans son travail un processus en 5 dimensions, que l’IA ne possède pas intrinsèquement :
- Une intention dans l’action,
- Un jugement contextuel,
- Une expérience accumulée,
- Des arbitrages en situation,
- Une responsabilité dans l’action.
Une erreur de lecture qui change tout
Le problème n’est pas l’usage de l’IA en tant que telle ! Le problème est la manière dont nous interprétons ce qu’elle peut faire. Nous confondons ce qui est visible dans un travail (les tâches, les gestes, la production, le dossier, le produit réalisé etc.) avec le vrai “savoir”, la vraie compétence : ce qui est fait réellement en processus de fond par l’humain, dans l’entièreté de son métier (le jugement, l’expérience, les arbitrages, la responsabilité, etc.).
Et cette confusion produit dans certaines entreprises, des décisions organisationnelles pas toujours bien réfléchies… et aux effets inattendus ou indésirables, qui pourraient aller jusqu’à la disparition de savoirs stratégiques, essentiels à la pérennité de l’organisation !
Une dérive inquiétante : la performance (apparente ?) sans compétence
Si on remplace un peu trop vite et trop fort les travailleurs humains par des IA, on pourrait vivre des “grands moments” (pour le dire pudiquement) dans certaines entreprises :
- Produire ou superviser sans comprendre…
- Des utilisateur “accros” et dépendants ?
Réintroduire de l’apprentissage au travail
Les entreprises vont devoir recréer des espaces-temps, où l’on peut ralentir la “folie de l’urgence permanente” et créer des apprentissages réguliers.
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