
Publié dans : Pédagogie
Disposer d’une réponse n’est pas posséder une compétence. À l’heure de Google et de l’intelligence artificielle, comment transmettre non seulement des connaissances, mais la capacité d’apprendre par soi-même ?
Ce texte ouvre un chantier et appelle enseignants, formateurs, professionnels et autodidactes à le construire avec nous.
Surtout, deux personnes inscrites au même cours pouvaient avoir des besoins radicalement différents.
L’accès à la réponse est devenu extraordinairement facile.
Mais obtenir une réponse n’est pas acquérir une compétence.
Partir de la compétence
L’unité fondamentale du système que nous imaginons serait une fiche de compétence.
Les questions pourraient être chronométrées lorsque la rapidité de restitution constitue un indice pertinent de maîtrise. Il ne s’agirait donc pas seulement de savoir si la réponse est juste, mais éventuellement d’observer l’hésitation, la stabilité de l’acquisition et son évolution dans le temps.
Les compétences formeraient ainsi progressivement un réseau de dépendances plutôt qu’une simple succession de chapitres.
Évaluer avant d’enseigner
Avant une formation, un ensemble de questions associées aux compétences permettrait d’établir un profil de compétences de l’apprenant.
Ce profil aurait deux usages différents.
En formation présentielle, il permettrait de constituer des groupes aussi homogènes que possible selon les compétences réellement constatées. L’âge ne serait pas un critère pédagogique : un étudiant de vingt ans et un apprenant de soixante-dix ans ayant des connaissances comparables pourraient parfaitement travailler ensemble.
Après le cours, évaluer aussi le cours
Une seconde évaluation permettrait de mesurer les compétences effectivement acquises et de déterminer les éventuels besoins de rattrapage.
Mais l’évaluation ne devrait pas fonctionner dans un seul sens.
L’apprenant doit également pouvoir évaluer la formation : clarté d’une fiche, difficulté ressentie, qualité des exemples, incompréhensions persistantes, pertinence des exercices.
Cette information devient précieuse lorsqu’elle est rapprochée des résultats.
Le système pédagogique peut ainsi apprendre lui aussi.
L’objectif : devenir progressivement inutile
Derrière les QCM, les groupes homogènes ou les supports personnalisés se trouve une ambition plus simple.
Apprendre à apprendre.
Un enseignement réussi ne devrait pas créer une dépendance permanente envers celui qui enseigne. Il devrait progressivement donner à l’apprenant les moyens d’aborder seul une connaissance nouvelle, de chercher, d’expérimenter, de reconnaître ce qu’il ne comprend pas et de vérifier ce qu’il croit avoir compris.
À l’heure où les moteurs de recherche et les intelligences artificielles peuvent fournir presque instantanément une réponse plausible à presque toute question, cette autonomie intellectuelle nous paraît particulièrement importante.
Nous n’avons pourtant aucune intention de construire ce projet entre nous puis de présenter un modèle terminé.
Nous souhaitons faire exactement l’inverse.
Publier les étapes de sa conception, exposer les difficultés rencontrées, confronter les choix à l’expérience des enseignants, formateurs, professionnels, chercheurs, spécialistes de la didactique et autodidactes.
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