
Publié dans : Méthodes et organisation
Le décret concernant le plafonnement du CPF paru le 24 février dernier est déjà de l’histoire ancienne. Il n’était qu’une étape de plus dans une succession de mesures d’économies qui n’en finissent pas. Pour preuve : la dernière prise de position estivale du Ministre du travail – Jean-Pierre Farandou sur l’obligation de CEP avant la mobilisation de son CPF (cf. détail ici). À l’inverse de ce qu’on pourrait croire à écouter les prises de position des gouvernements qui se succèdent, la trajectoire est bien claire et la stratégie ne souffre d’aucun atermoiement. Il s’agit de réduire les investissements de formation, afin de faire revenir le système de co-financement à l’équilibre.
Ne pas le voir, croire que les baisses s’arrêteront un jour et chercher à s’adapter à chaque coup de rabot, représente une stratégie suicidaire pour les organismes de formation. S’ils ne veulent pas tomber dans le syndrome de la grenouille, il est temps pour eux d’aller voir dans le champ d’à côté, là où l’herbe est plus verte…
La tactique du salami fonctionne toujours aussi bien !
Sous la présidence d’Emmanuel Macron, concernant la formation, les quinquennats se suivent mais ne se ressemblent pas. Après un investissement massif, sans comparaison avec les décennies précédentes, à la suite de la loi « Avenir professionnel » du 5 septembre 2018 – l’effort global de formation est passé de 31,2 milliards d’euros en 2018 à 55,29 milliards d’euros en 2023 -, les gouvernements n’ont eu de cesse, depuis la réélection du 24 avril 2022, de prendre des mesures de restriction budgétaire.
La stratégie est claire : revenir à l’équilibre « quoi qu’il en coûte ! »
À l’inverse de ce que dénonce certains défenseurs d’une politique de formation ambitieuse pour la France, la stratégie des pouvoirs publics est loin d’être floue ou sans direction depuis fin 2022. Sous couvert, de lutte contre la fraude, d’amélioration de la qualité ou encore de meilleur ciblage des dépenses, l’objectif est toujours le même : réduire les investissements en formation car le système est devenu intenable : 11 milliards cumulés de déficit pour France Compétences depuis sa création.
L’obsession de la réduction budgétaire se cache derrière des arguments fallacieux qui ne convainquent personne :
- Argument de la lutte contre la fraude
- Argument de l’amélioration de la qualité
- Argument du meilleur ciblage des dépenses
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