Apprendre, ça s’apprend
Publié le : mar 19 mai 2026Views: 2

Publié dans : Cognition et Communication

L’école demande aux élèves d’apprendre. Mais cette activité intellectuelle, bien qu’innée, ne va pas de soi dans un monde où les solutions de facilité et d’empêchement sont nombreuses. Les actions pédagogiques consistent donc à accompagner les élèves vers une culture métacognitive en classe.

UNE POSTURE ÉPISTÉMIQUE

La question vaut pour tous les niveaux. En motricité, quand on demande à ses élèves de marcher sur un banc, est-ce qu’on va au-delà des crocodiles imaginaires ? Est-ce qu’on leur dit ce que cela développe, à quoi ça servira ? La réponse, souvent, est non.

DES RÈGLES DE FONCTIONNEMENT EXPLICITES

Dès le premier jour, cinq questions sont affichées en grand dans ma classe : Qu’est-ce que l’on est en train d’apprendre ? Pourquoi apprenons-nous cela ? Quand allons-nous nous en servir ? Comment bien le retenir ? Ai-je déjà des connaissances sur ce sujet et suis-je flexible ?

Derrière chaque question, deux mains : une ouverte de dos, une ouverte de face. Les élèves sont invités à réfléchir à cette symbolique. Elle vient de l’étymologie du mot apprendre – « saisir par l’esprit, prendre à soi, faire sien ».

LE DISCOURS INTÉRIEUR

Pour entrer dans ce processus, encore faut-il que l’élève sache qu’il dispose d’une voix intérieure — une voix qui lui permet d’organiser sa pensée avant d’agir, et de remettre en cause ce qu’il croyait savoir. Alain Sotto4, psychopédagogue, observe dans ses consultations avec des enfants que certains élèves de 4e n’ont pas encore conscience de ce discours intérieur — et que c’est souvent là que les difficultés prennent racine. Ce discours intérieur n’est pas inné : il se conquiert.

VERS UNE CULTURE MÉTACOGNITIVE PARTAGÉE

Ce travail déborde la classe. Un devoir simple en donne la mesure : chaque soir, écrire une phrase sur ce qu’on a appris dans la journée. On observe rapidement un glissement : de « J’ai fait les multiplications par 10 » à « J’ai appris que lorsqu’on multiplie un nombre décimal par 10, chaque chiffre se décale d’un cran à gauche. » Ce « que » – suivi d’une subordonnée complétive – oblige l’élève à formuler une explication, à apprendre quelque chose à son lecteur. Personne ne le lui a demandé explicitement : c’est le dispositif lui-même qui l’y contraint.

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