
Publié dans : Méthodes et organisation
Nous sommes à un moment de bascule. Pour les étudiants, l’IA a largement dépassé le stade de la curiosité pour devenir une commodité. 94 % des étudiants ont déjà utilisé un outil d’IA dans leur vie personnelle ou étudiante et l’IA est désormais un réflexe pour 1 étudiant sur 2 (étude EPITA/Ipsos – février 2026). Ils ne découvrent pas l’IA, ils ne subissent pas l’IA : ils ont intégré l’IA. Mais comment ça se passe concrètement dans la salle de classe ? On vous explique.
Oui les profs aussi utilisent l’IA !
L’usage de l’IA est donc une seconde nature pour les étudiants. Mais qu’en est-il de leurs professeurs ? L’enquête Usages de l’intelligence artificielle dans les Grandes écoles(Conférence des Grandes Ecoles – novembre 2025) indique qu’ils ne sont que 52 % à l’utiliser souvent ou quotidiennement.
IA en cours : interdite, autorisée ou carrément encouragée ?
Des chiffres qui renvoient à la place qu’occupe actuellement l’IA dans les enseignements. Ainsi l’enquête de la CGE indique que 29 % des enseignants n’ont pas donné de consignes concernant l’utilisation de l’IA (parmi les autres, 88.7 % l’autorisent). 42 % font utiliser l’IA par leurs étudiants dans le cadre de leurs enseignements, 56 % ont fait évoluer leurs évaluations suite à l’émergence de l’IA et 76 % ont fait évoluer leurs évaluations pour limiter les risques de fraudes.
Une fois que le savoir est dans la poche, que reste-t-il à l’enseignant ?
Avec l’IA, le savoir est désormais à la portée de tous. Il ne se trouve plus sur l’estrade, mais directement dans la poche des étudiants. Que reste-t-il alors de plus à l’enseignant ? Il lui reste à réinventer la pédagogie ! A l’occasion de cette conférence, Jérôme Ony, Learning curator officer à NEOMA et chargé d’enseignement au département SISCAD, s’est même demandé si l’IA n’était pas finalement la meilleure chose qui soit arrivée à la pédagogie. « L’IA est devenue le premier réflexe pour rédiger. Quasiment tous les étudiants l’utilisent régulièrement et elle s’invite même là où elle est parfois interdite, notamment lors des examens. Pendant ce temps, la majorité des enseignants n’a pratiquement reçu aucune formation et nous continuons à évaluer comme si l’IA n’existait pas. Quelque chose doit changer ».
J’hallucine !
Armé de sa boussole, l’enseignant devra aussi déjouer les innombrables biais et hallucinations semés sur son chemin par les outils d’IA. Car, sachez-le : l’IA a son petit égo (aka les limites de son algo). Elle ne vous dira jamais qu’elle ne sait pas, elle vous dira plutôt n’importe quoi ! Parmi les biais les plus fréquents, citons d’abord les biais systémiques qui relaient des stéréotypes ancrés dans les données. Par exemple, il n’est pas rare qu’à la question « qui sont les grands leaders de l’Histoire ?» l’IA cite majoritairement des figures masculines et occidentales. Second écueil de l’IA : les hallucinations, des réponses fausses – mais plausibles – s’appuyant sur des sources inventées, mais citées avec assurance. Last but not least : l’autorité trompeuse. L’IA adopte là encore un ton assuré pour faire des affirmations péremptoires, sans sources vérifiables. « L’IA a la capacité de parler avec le ton d’un professeur… tout en se trompant comme un étudiant ! plaisante le speaker. Dans ce contexte, la vraie compétence ce n’est pas de tout savoir, mais de savoir ce qu’on ne sait pas encore. »




