
Publié dans : Pédagogie
Faut il utiliser l’IA générative en éducation ? Si oui, comment, avec quelle approche ? .
Nous avons eu un déferlement de publications sur les dangers ou les opportunités de ces IA génératives, d’expérimentations indiquant un effet positif ou négatif sur l’engagement, sur la mémorisation long terme, sur la réussite, etc. En tout cas, il semble difficile d’en dégager des règles établies, sinon que les conditions de l’expérimentation : type d’outils, mais surtout consignes pédagogiques, font varier les résultats. Il faudra encore de nombreuses expérimentations et des méta analyses pour en dégager des règles.
L’objection de conscience : refuser pour affirmer sa responsabilité
L’ATECOPOL réalise un travail de fond sur les multiples aspects liés aux bouleversements écologique,et acte notamment de la responsabilité sociétale des observations scientifiques. Ce collectif a publié un manifeste appelant à l’objection de conscience face aux IA génératives, signé par un large panel d’acteurs de l’enseignement supérieur et l’éducation nationale. Leurs considérations démontrent le renforcement de logiques industrielles écocidaires et prédatrices, et le développement d’un futur dystopique renforçant le pouvoir démiurgiques de mégafirmes.
L’approche techno-critique : comprendre pour désarmer
Mais peut-on vraiment refuser une technologie déjà adoptée par plus de 80% des étudiants ? Une groupe de chercheurs en SHS a répondu par une tribune que « Refuser l’IA à l’université, c’est en abandonner le contrôle au capitalisme ». Ce collectif partage le constat de l’ATECOPOL, mais réfute le choix de refus, arguant que l’analyse critique par le milieu universitaire est indispensable pour « désarmer » ces technologies, et pour ne pas permettre une soumission des citoyens à ces technologies.
L’approche numérique acceptable, à savoir soutenable et émancipateur
Dans cette veine d’une approche techno-critique, Louis Derrac (et l’association Lattitudes) se positionne dans une logique d’éducation technocritique, politique, émancipatrice, populaire. Tout au long de la vie. C’est le défi d’éduquer à un numérique acceptable.
L’approche alternative, des outils basés sur des modèles plus respectueux
Sachant que certains s’inquiètent de la manière dont se développent les outils grands publics, une approche plus technique s’est attachée à proposer des alternatives opérationnelles. L’initiative de RAGaRenn a été pionnière en proposant une infrastructure locale et de confiance dans une logique de proposition de communs, et se prolonge au travers d’une logique de mutualisation au travers d’ILaaS.
L’approche techno-lucide, pour des usages positifs
Certaines associations s’emparent des outils d’IA comme outil de lutte, comme data for good qui plaide pour un numérique d’intérêt général contre une vision hégémonique de la tech. Des scientifiques plaident également pour l’usage de ces technologies pour aborder des questions qui ne trouvent des réponses qu’au travers de ces outils, par exemple en santé. L’idée est que les impacts positifs l’emportent sur les impacts négatifs.
L’approche de maîtrise des usages, pour comprendre et se positionner
Dans une logique de mise en pratique pour adopter et s’approprier ces nouveaux outils, il est intéressant de découvrir les usages pertinents qui peuvent en être faits. Les entreprises qui développent ces outils l’ont bien compris et proposent de tels points d’entrée, comme par exemple les cas d’usages proposés par OpenAI pour ChatGPT, avec des rubriques spécifiques pour les enseignants du supérieur, pour les étudiants, ou pour les scientifiques. Voir également les cas d’usages et le rapport sur les enseignantsproposés par Anthropic.





