
Publié dans : Pédagogie
Les formats d’apprentissage n’ont jamais été aussi nombreux dans les catalogues. Selon le 3e Baromètre de la formation professionnelle Lefebvre Dalloz Compétences (2025), 68 % des décideurs formation ont adopté le e-learning, soit une progression de 20 points en un an, et 89 % considèrent la formation comme un levier stratégique. Mais dans ce foisonnement de solutions, le risque de placer le contenant avant le contenu est bien réel. Opter pour le microlearning parce que c’est rapide à produire, ou pour la réalité virtuelle parce que c’est spectaculaire, c’est in fine, gaspiller des budgets formation qui méritent mieux. Retour sur les bonnes pratiques pour choisir avec méthode.
Définir l’objectif pédagogique avant de choisir le format
Avant de choisir un format, une seule question s’impose : « Quelles compétences le collaborateur aura-t-il acquises à l’issue de la formation ? » Or, ce questionnement fondamental s’estompe souvent au profit d’un autre, plus commode : « Quel format allons-nous utiliser cette année ? »
Réserver le microlearning aux objectifs d’ancrage et de consolidation
Le microlearning a la cote. Et pour cause. Les formations courtes et ciblées affichent des taux de complétion pouvant atteindre 80 %, contre 20 à 30 % pour le e-learning traditionnel, selon le Baromètre LMS 2026 de Didask.
Miser sur le jeu pour entraîner à la prise de décision
Négociation difficile, gestion de conflit, prise de décision sous contrainte : certaines compétences ne s’acquièrent pas en lisant un cours ou en regardant une vidéo. Elles s’entraînent. C’est là que le serious game et les mécaniques de gamification trouvent leur pleine justification, car ils placent l’apprenant dans des situations où il doit arbitrer, agir et assumer les conséquences de ses choix, sans risque réel.
Réserver l’immersive learning aux situations impossibles à recréer en présentiel
Former un commercial à une négociation sous haute pression, préparer un manager à annoncer une restructuration, entraîner un agent à faire face à une situation d’incivilité : certaines situations ne se répètent pas en salle de formation. C’est précisément là que la formation immersive en réalité virtuelle trouve sa légitimité. Une étude PwC le confirme : des managers formés en réalité virtuelle développent jusqu’à quatre fois plus leur concentration que leurs homologues formés en ligne, et gagnent 40 % de confiance dans la mise en œuvre de leurs acquis.
Orchestrer les formats pour concevoir des parcours
La vraie question n’est pas de choisir entre microlearning, jeux et immersive learning. Ces modalités sont complémentaires, et leur efficacité maximale se révèle lorsqu’on les orchestre dans une logique de parcours. Le 4e Baromètre Lefebvre Dalloz Compétences le confirme : l’enjeu reste de faire coïncider la diversité des formats avec une ingénierie pédagogique rigoureuse. Un dispositif cohérent combine un microlearning de sensibilisation en amont, un serious game pour la mise en pratique décisionnelle, un temps synchrone pour le débriefing, puis des capsules de renforcement espacées.
Les formats innovants élargissent le champ des possibles, mais ils ne dispensent surtout pas du travail fondamental d’ingénierie pédagogique. Identifier ce qu’on veut produire comme comportement, chez qui, et dans quel contexte : c’est à cette condition seulement que la diversité des outils devient un levier, et non un catalogue.




