Le plan de développement des compétences, un autre regard
Publié le : ven 17 avril 2026Views: 42

Le plan de développement des compétences a 8 ans… il est rentré dans le verbatim des professionnels de la profession. Il détrône ainsi le plan de formation. La communication est claire, il s’agit de changer de paradigme, le fameux « Big bang de la formation ». Outre le choc de simplification, « la compétence est la meilleure protection contre le chômage.

Qu’est-ce que le plan de développement des compétences a changé dans la gouvernance de l’apprenance ? S’agit-il seulement de verbe, avec le vielle adage : changer les mots pour ne pas changer les choses, ou autre chose ? Et surtout, quel avenir pour cet outil de gestion qui a trouvé sa place en entreprise ? Qu’en penser ?

1, L’histoire du plan de développement des compétences

Pour comprendre la notion de plan de formation, il faut revenir à la théorie des institutions de Maurice Hauriou : une institution est une idée d’œuvre ou d’entreprise qui se réalise et dure juridiquement dans un milieu social (Principes de droit public, 1910). Une institution est d’abord une idée directrice et une organisation qui s’inscrit dans le temps. Le plan de formation est de cet ordre, il s’agit d’une idée politique que l’on pourrait résumer par former pour s’adapter à un monde qui bouge. Le plan organise le pouvoir en proposant des modes opératoires qu’il inscrit dans le temps : création de procédure, avec par exemple des obligations de consultation des représentants du personnel.

2, Le plan de développement des compétences

Si la loi de 05 septembre 2018 réduit le maillage administratif, c’était le « Big bang » promis par la ministre de tutelle, avec une définition plus large de l’action de formation, un recentrage fonctionnel avec adaptation au poste, maintien dans l’emploi et évolution professionnelle, la loi du 09 mars 2023 confirmée par la loi du 24 octobre 2025, renouent avec la tradition et renforcent les procédures normatives. La norme prescrit l’obligation de définir un certain nombre d’informations des salariés, dès l’embauche, formalise les entretiens de parcours professionnels, et impose une obligation de traçabilité numérique. Le plan devient un nœud documentaire qui sort de la seule ingénierie sociale pour devenir un outil judiciaire. L’outil articule désormais le droit du travail, avec le pilotage des compétences, l’anticipation des besoins, et le contrôle a posteriori, avec le risque contentieux. Autrement dit, le plan devient un outil de sécurisation juridique de l’entreprise, ce que Michel Foucault appelait le « gouvernement par les dispositifs ».

3, Le devenir du plan de compétences

Le plan des compétences s’inscrit sur un programme plus large d’harmonisation avec le droit européen. Le lancement de l’Union des compétences par le Commission européenne le 05 mars 2025 s’inscrit dans la même démarche. La volonté affichée de faire en sorte que 60 % des adultes participent à une action de formation d’ici à 2030, rien n’est dit sur l’efficacité de cet indicateur.

L’intelligence artificielle et le Big data ouvrent de nouvelles perspectives sur le plan de développement des compétences. Les compétences sont quantifiées à partir des traces numériques de l’apprenant et de l’entreprise. Il ne s’agit pas d’une simple modernisation numérique de la méthode de calcul, mais d’une proposition nouvelle sur la définition sociale des compétences. La compétence actuelle est calculée au présent dans son évolution quotidienne, mais aussi des outils de prédictibilité de la compétence. Il y a anticipation du potentiel non pas seulement à partir de l’historique, mais de la prospective estimée. Le numérique change la nature de la compétence, mais aussi la nature du contrôle. L’algorithme devient une interface entre les normes, les référentiels, les stratégies organisationnelles et les apprenants. Le plan de développement des compétences se trouve optimisé, augmenté par l’apport du numérique. Cela ouvre une nouvelle perspective, mais ne change en rien l’usage, et donc la culture de l’outil. Georges Orwell avait montré les méfaits possibles de ces outils, reste à inventer un usage qui fasse progrès social dans le dépassement de l’histoire. La question est politique et stratégique.

Articles similaires

L'évolution des compétences face aux défis du marché et aux nouvelles technologies

Le plan de développement des compétences répond à un besoin croissant d'adaptation face aux évolutions rapides du marché du travail, en intégrant des compétences critiques comme la pensée critique et la gestion des conflits dans des contextes métiers spécifiques. Ce programme global vise à former un milliard de personnes d'ici 2030, en mettant l'accent sur des secteurs émergents tels que les technologies vertes et l'intelligence artificielle. L'importance de la gestion des compétences est soulignée, notamment en raison de l'obsolescence rapide des savoir-faire, ce qui nécessite une mise à jour constante des compétences. Le développement des compétences est ainsi devenu un enjeu stratégique tant pour les individus que pour les organisations, en réponse à un environnement de travail de plus en plus incertain et volatile.

Optimisation de la reconnaissance des compétences dans le marché du travail

L'intégration des compétences dans les politiques de certification est cruciale pour répondre aux exigences du marché du travail. La cartographie des compétences permet d'évaluer les acquis et d'adapter les formations, notamment en proposant des modules avancés, comme l'analyse de données avec Python, pour maximiser l'engagement des apprenants. Cette approche vise à réduire la séparation historique entre formation et emploi, favorisant ainsi une meilleure performance économique et une résilience face aux crises. En alignant les compétences individuelles avec les besoins organisationnels, le plan de développement des compétences s'inscrit dans une dynamique de sécurisation des parcours professionnels, tout en répondant aux enjeux contemporains de l'emploi.

Adapter le plan de développement des compétences aux besoins émergents des collaborateurs

Le plan de développement des compétences doit évoluer au-delà d'une approche annuelle pour répondre aux besoins émergents des collaborateurs et des managers en temps réel. Il est essentiel de considérer la compétence individuelle comme un élément d'un ensemble collectif, avec un cycle de vie similaire à celui d'un produit. Cette dynamique permet de fidéliser les collaborateurs tout en les préparant aux nouveaux enjeux et projets. Les entreprises doivent donc s'engager activement dans des stratégies d'upskilling, de reskilling et de cross skilling pour tirer parti des opportunités offertes par le marché. Cette approche s'aligne avec l'idée que le développement des compétences est crucial pour s'adapter à un environnement en constante évolution, comme le souligne le nouveau post.

Partagez cet article

Tous les événements