
Publié dans : Méthodes et organisation
Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics présentent l’apprentissage comme la réponse privilégiée aux difficultés d’insertion professionnelle. Derrière les chiffres records du nombre d’apprentis se cache pourtant une réalité plus contrastée, marquée par des tensions budgétaires croissantes, des inégalités territoriales et un désengagement progressif de l’État.
Cette orientation est d’autant plus préoccupante que la réforme de 2018 a profondément modifié l’équilibre du système. Alors que France compétences a accumulé pendant plusieurs années des déficits de plusieurs milliards d’euros, sa stratégie repose désormais sur un objectif prioritaire de retour à l’équilibre budgétaire, voire d’excédent. Pour atteindre cet objectif, les mesures d’économies se multiplient : réduction des aides, baisse des financements et pression accrue sur les opérateurs du système.
Les conséquences sont déjà visibles sur le terrain. FO alerte notamment sur la situation de nombreux CFA dits « territoriaux ». Historiquement soutenus par les Régions, ces centres de formation se retrouvent aujourd’hui dans une situation critique du fait de la diminution des financements régionaux.
Parallèlement, les choix gouvernementaux tendent à faire de l’apprentissage l’unique dispositif d’alternance. La suppression, en 2024, de l’aide à l’embauche en contrat de professionnalisation pour les jeunes de moins de 30 ans en constitue une illustration. Les effets ont été immédiats : à fin novembre 2024, seuls 84 800 nouveaux contrats de professionnalisation avaient été conclus, contre 115 700 un an auparavant.
Les aides exceptionnelles versées aux entreprises ont également contribué à brouiller la finalité première de l’apprentissage. Si elles ont favorisé la hausse du nombre de contrats, elles ont aussi créé d’importants effets d’aubaine. Dans certains cas, ces aides ont permis aux employeurs de disposer d’une main-d’œuvre fortement subventionnée à moindre coût, sans nécessairement répondre à un besoin de formation ou d’insertion durable.




