
Il est loin le temps où l’intelligence artificielle était perçue comme une compétence de niche. Au contraire, elle s’impose désormais comme un nouveau standard. C’est en tout cas ce qui ressort d’une récente étude menée par Audencia et l’Ifop.
Premier enseignement : 66 % des cadres estiment que les savoir-faire liés à la data et à l’IA sont désormais « incontournables ». En conséquence, ils souhaitent s’y former d’ici les deux prochaines années.
Toutefois, un décalage persiste. Si les cadres sont avides de monter en compétence, seuls 33 % des dirigeants voient la formation à l’IA comme une priorité immédiate. Ce différentiel met en lumière un enjeu majeur pour les entreprises : parvenir à aligner la vision stratégique avec les besoins opérationnels du terrain, afin de ne pas freiner les dynamiques d’innovation. L’impulsion doit venir autant « d’en bas » que « d’en haut ».
Des formats de formation plus courts et plus concrets
L’étude révèle aussi une autre évolution notable : les modalités d’apprentissage se transforment rapidement. Les formats longs et très théoriques perdent du terrain au profit de dispositifs plus agiles, centrés sur la mise en pratique.
Les Soft Skills, ultime rempart contre l’automatisation ?
Si l’IA progresse, elle ne remplace pas l’humain. Au contraire, selon le rapport, elle renforce la valeur des compétences comportementales. Pour 46 % des cadres (et jusqu’à 61 % chez les moins de 40 ans) ainsi que 47 % des dirigeants, les compétences managériales arrivent en tête des priorités de formation, suivies de près par la communication et l’accompagnement de la transformation organisationnelle.
Budget formation : l’angle mort des dirigeants et services RH ?
Les chiffres de l’étude soulignent ainsi un certain attentisme budgétaire. Alors que les besoins en compétences explosent, moins de 17 % des patrons envisagent de revoir à la hausse l’enveloppe dédiée à la formation de leurs cadres pour 2026. La grande majorité (75 %) mise sur une simple continuité des budgets actuels, tandis qu’une petite minorité (9 %) prévoit même de réduire la voilure.




