
Publié dans : Méthodes et organisation
Une des particularités de la formation en France est d’avoir une sur-représentation de la formation externe aux dépens de la formation interne. Pouvoirs publics et entreprises, depuis la loi Delors de 1971, ont fortement favorisé la formation externe, produite par des organismes de formation (privés ou publics), au détriment d’une formation interne, réalisée par les collaborateurs des entreprises.
Aujourd’hui, on atteint des sommets. Près de 150.000 organismes de formation sont déclarés qui réalisent plus de 28 milliards de chiffres d’affaires. Politiques favorables à l’apprentissage et au CPF ne sont pas pour rien dans ces chiffres “hors normes”. Mais le phénomène n’est pas conjoncturel, plutôt structurel. Nous sommes l’un des rares pays à avoir développé un système de co-financement des formations aussi favorable. Naturellement l’offre a répondu à la demande.
Avec la fin des co-financements pour les entreprises de taille supérieures à 250 collaborateurs depuis la réforme de 2014, puis de plus de 50 salariés avec la loi de 2018, les entreprises (surtout les grandes) ont commencé à s’interroger sur la pertinence du « tout formation externe ». Jusqu’à présent, les habitudes ayant la vie dure, on était plutôt sur un questionnement, davantage que sur des prises de décisions. On sent avec l’étau des contraintes budgétaires qui se resserre, que les entreprises sont en train de passer de la réflexion à l’action. Le phénomène de balancier semble actuellement pencher fortement vers la formation interne. 2026 devrait “plier le match”, comme disent les amateurs du ballon rond.
Un match serré à l’avantage de la formation interne
Quand on analyse sereinement les avantages et les limites de chaque approche, on fait le constat d’un match relativement serré entre formation externe et interne, même si cette dernière semble l’emporter :
- Expertise technique : égalité
- Pédagogie : avantage formation externe a priori
- Neutralité / confidentialité : avantage Formation Interne
- Coût : avantage Formateur Interne, dans la plupart des cas
- Logistique et organisation : avantage Formateur Interne ++
Et si on combinait plutôt qu’on opposait ?
Comme nous venons de le voir, la formation interne semble un plus avantageuse que la formation externe. Mais la règle systématique de privilégier la formation interne ne tient pas. Encore faut-il décider en fonction du contexte. Quand on analyse en détail les contextes de formation, ce qui ressort généralement, c’est que les formations internes et externes ayant chacune leurs avantages et inconvénients, l’idéal serait en fait de pouvoir les combiner.
Vers un assainissement du marché de la formation
En conclusion, la bascule vers la formation interne est probablement une très bonne chose. Ce n’est pas une révolution, c’est un simple retour à la normale, après plus de 50 ans de formation co-financée par des fonds publics. La conséquence positive que nous entrevoyons est que cela devrait “assainir le marché”, bien plus que ne l’a fait Qualiopi. Avec des exigences beaucoup plus élevées de la part des entreprises qui financent enfin leur formation, les organismes de formation externes qui s’étaient rués sur un marché facile d’accès et souvent lucratif, vont devoir faire évoluer leur “niveau de jeu “!





