
Publié dans : Technologie
Le 7 mars 2026, Médiapart publiait un article intitulé « L’éducation nationale prolonge son contrat avec Microsoft en dépit des risques, et de ses propres consignes ». La France a, en effet, instauré des directives claires en faveur de l’utilisation de logiciels libres et « souverains ». Un mois plus tard, le 8 avril, la direction interministérielle du numérique (Dinum) annonçait ainsi sa sortie de Windows au profit de Linux afin de se « désensibiliser des outils américains ».
Mais est-il réellement possible de mettre fin à la dépendance du système éducatif vis-à-vis des Big Tech (Microsoft, Google, Apple ou encore Open AI pour ce qui est de l’intelligence artificielle) ? Ou, pour reprendre le mot d’ordre de Framasoft, est-il possible de « dégoogliser » l’éducation ?
Des plateformes indépendantes mais interconnectées
PeerTube s’inscrit directement au cœur du projet de « dégooglisation » de Framasoft, dans le sens où il s’agit là explicitement de développer une alternative à la plateforme YouTube, elle-même portée depuis 2006 par Google. Du point de vue de l’expérience utilisateur, PeerTube présente ainsi beaucoup de similitudes avec YouTube.
Il s’agit du même type d’alternative que celle que propose par exemple le réseau social Mastodon vis-à-vis des réseaux sociaux propriétaires comme Facebook ou Instagram : une multitude d’instances libres fédérées plutôt qu’une plateforme propriétaire centralisée, dans une logique dite du « fédivers ».
Enjeux politiques et formation continue
LaForgeEdu héberge ainsi, de manière ouverte (mais réservée aux enseignants en poste dans l’éducation nationale), des dizaines de projets visant toutes les disciplines et tous les niveaux, pouvant aller de la génération d’exercices de mathématiques à des livres jeunesse interactifs réalisés par des enseignants.
Depuis 2020, la plateforme Apps.education poursuit quant à elle un objectif complémentaire : elle propose des outils développés et hébergés en interne par la DNE, sur des serveurs du ministère de l’éducation nationale. Parmi ces applications, on retrouve justement une instance PeerTube réservée aux enseignants. Elle leur permet de partager avec leurs élèves des vidéos, de manière sécurisée, souveraine et non commerciale.
Au-delà de la mise à disposition de solutions techniques, la question de la formation continue constituera sans doute un levier central pour faciliter ces transformations.




