
Publié dans : Méthodes et organisation
Il y a une scène qui se reproduit dans à peu près tous les projets d’e-learning. Le commanditaire arrive avec une idée précise : « On aurait besoin d’un module e-learning sur la sécurité au travail. Une heure maximum, avec des quiz et des vidéos. Faut que ce soit interactif et ludique, bien sûr. Oh, et il faudrait que ce soit disponible en trois langues pour le déploiement international. Ah au fait, j’en ai besoin pour dans six semaines. »
L’ingénieur pédagogique hoche la tête et fonce. Quelques semaines (mois, ne nous mentons pas) plus tard, ce module sort de terre. Il est hébergé sur le LMS du client, accessible aux apprenants, coché dans le plan de formation.
Mais est-ce que quelqu’un a vraiment pris le temps de se demander si ce module devait exister ? Sous cette forme ? Pour ces apprenants-là ?
Comment l’écoconception transforme-t-elle la phase d’analyse des besoins en e-learning, cette étape qu’on a trop tendance à expédier quand les délais pressent ?
L’analyse des besoins en e-learning : l’étape la plus décisive pour l’écoconception
Il y a un principe qui mérite d’être formulé franchement : le module au plus faible impact environnemental est celui qu’on choisit de ne pas produire (petit clin d’œil à la phrase « Le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas »).
Le numérique est-il vraiment la bonne réponse ?
C’est la question qu’on ne pose presque jamais. On vous demande un module e-learning, vous faites un module e-learning. Logique.
Concrètement, il faut commencer par poser deux questions (parfois inconfortables) au commanditaire :
Est-ce que le numérique est vraiment le meilleur vecteur pour atteindre les objectifs pédagogiques ?
Et avant de lancer une production complète, a-t-on fait le tour de ce qui existe déjà ?
Affiner le besoin avec la méthode MoSCoW
Pour éviter ça, il existe une méthode issue du monde du développement logiciel qui s’adapte très bien à l’analyse des besoins en e-learning : la méthode MoSCoW. Le principe est simple : on classe chaque fonctionnalité ou contenu envisagé en quatre catégories :
– Must have : indispensable, sans quoi le module ne remplit pas son objectif.
– Should have : nécessaire mais pas bloquant.
– Could have : souhaitable si le temps et le budget le permettent.
– Won’t have : hors périmètre pour cette version.
Quel est le coût environnemental de ce projet ?
Celle-là, personne ne la pose. Pas encore, du moins. Avant de démarrer un projet, on calcule souvent un budget mais qui estime l’empreinte carbone de la formation avant de lancer la production ? Qui définit des indicateurs de performance écologique au même titre que des objectifs pédagogiques ?




