Comment évaluer l’esprit critique d’un salarié face à l’IA ?
Publié le : ven 23 octobre 2026Views: 1

Le CPF 2027 envisage de faire de l’employeur le financeur des compétences. Encore faut-il savoir mesurer l’esprit critique face à l’IA : quatre gestes de travail l’observent.

Le projet de loi de finances 2027 vise 300 à 350 millions d’euros d’économies sur le compte personnel de formation. Selon les informations publiées par Les Échos le 23 septembre, le reste à charge du salarié passerait de 150 à 350 euros pour la majorité des titulaires, avec un filtre préalable sur la cohérence de son projet professionnel. Les pistes évoquées exonèrent de cette hausse les formations jugées prioritaires et celles que l’employeur cofinance. Rien n’est voté à ce stade. Si le texte garde cette forme, l’employeur devient le financeur d’une part croissante des compétences, y compris de celles qui permettent d’utiliser une IA avec discernement. Or on ne finance pas durablement ce qu’on ne sait pas mesurer, et l’esprit critique face à l’IA ne figure dans presque aucune grille d’évaluation. Je défends ici l’idée qu’il peut s’observer, à condition de regarder les bons gestes de travail.

Quatre situations de travail qui révèlent le recul

L’esprit critique reste abstrait tant qu’on le décrit par des qualités. Il devient observable quand on le relie à des gestes. J’en retiens quatre, que n’importe quel manager peut repérer.

Demander ses sources dès le départ. Le geste se situe dans la première consigne : la personne précise qu’elle veut les références, puis ouvre au moins l’une d’elles. Je vous propose un cas composite, assemblé à partir de situations croisées en accompagnement. Un responsable RH demande à un assistant le texte applicable à une absence pour maladie et exige l’article cité. L’outil répond avec assurance, référence à l’appui. Le responsable ouvre la référence : elle n’existe pas. Sans la demande initiale, la réponse serait partie dans une note aux managers.

Relire avant de transmettre. C’est le geste qui manquait dans l’histoire du compte rendu. Il se voit dans le résultat : un texte réécrit, des chiffres recoupés, aucune formule de l’outil restée à la fin.

Signaler un doute plutôt que valider par défaut. Un collaborateur écrit à son manager : « Ce point me paraît fragile, pouvez-vous le regarder ? » Ce signal n’existe que dans une équipe où douter ne coûte rien, et c’est au manager de le rendre possible.

Reformuler une consigne quand l’outil se trompe. Face à une mauvaise réponse, certains répètent la même demande, d’autres abandonnent. Les derniers corrigent la consigne : ils précisent le contexte, le public, la contrainte. Cela suppose de la précision de langue, un terrain où les profils littéraires ont souvent une longueur d’avance, ce que les référentiels reconnaissent rarement.

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