
Publié dans : Méthodes et organisation
Face à la hausse des dépenses et à un récent rapport du Sénat, l’exécutif veut conditionner l’utilisation du CPF à la cohérence des parcours professionnels, avec une économie visée de 350 millions d’euros par an.
« Le P de CPF (compte personnel de formation), nous voulons le changer de personnel en professionnel. » Dans un entretien accordé aux Échos, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé la volonté du gouvernement de renforcer encore les contrôles sur l’utilisation du compte personnel de formation. « Nous voulons désormais faire vérifier que chaque formation est cohérente par rapport aux évolutions professionnelles souhaitées par le salarié et réalistes par rapport à la réalité du marché du travail. »
Une validation de l’employeur ou de France Travail
Cette annonce intervient après la publication d’un récent rapport du Sénat, qui préconise « d’orienter les travailleurs vers les formations utiles à la Nation, aux territoires et aux secteurs professionnels ». Selon ce rapport, près de quatre formations sur dix (38 %) actuellement financées par le CPF ne débouchent pas sur une certification reconnue. En 2023, 20 % des formations suivies n’avaient même aucun objectif professionnel. « Avec près de 2 milliards d’euros, le CPF constitue la deuxième principale dépense de France compétences, loin derrière l’apprentissage (9,7 milliards d’euros) », souligne encore le rapport.
Objectif économique
Ce nouveau tour de vis s’ajoute à plusieurs restrictions mises en place ces dernières années : le plafonnement du CPF à 1 500 euros ou 1 600 euros, l’obligation de justifier d’un usage professionnel pour financer le permis moto, ou encore l’instauration d’une participation forfaitaire obligatoire de 100 euros en mai 2024, portée à 150 euros depuis avril 2026. Autant de mesures qui ont contribué à un recul du recours au dispositif : l’utilisation du compte personnel de formation (CPF) a baissé de 11 % en 2025 par rapport à 2024.




