
Lorsque nous avons coordonné le premier dossier, l’intelligence artificielle générative venait d’entrer brutalement dans le paysage éducatif. Beaucoup de questions portaient alors sur la découverte de l’outil, son fonctionnement, ses limites ou encore les inquiétudes qu’il suscitait.
Oui, sans aucun doute.
L’arrivée de l’IA nous oblige à réinterroger certaines tâches scolaires. Lorsqu’un élève peut obtenir en quelques secondes un résumé, un plan ou une dissertation, il devient nécessaire de clarifier ce que nous cherchons réellement à développer.
L’enjeu n’est pas seulement de produire un résultat mais de construire des apprentissages. Cela suppose de rendre davantage visibles les démarches et les processus d’apprentissage : le questionnement, la recherche, les hésitations, les choix réalisés, les révisions successives.
Nous devons progressivement passer d’une logique centrée sur le produit final à une logique davantage centrée sur le processus. Demander aux élèves d’expliquer leurs choix, de comparer plusieurs réponses, de justifier leur raisonnement ou d’analyser les propositions d’une IA devient particulièrement intéressant.
En fait, l’IA nous bouscule et nous oblige à repenser l’école, ce qui correspond depuis toujours au projet des Cahiers pédagogiques. Elle peut, paradoxalement d’une certaine façon, nous conduire à développer la créativité et l’innovation pédagogique, puisque l’école verticale et qui confond déversement de savoirs et véritables appropriations, ça risque de ne plus marcher !
À ceux qui refusent de l’utiliser, on pourrait dire qu’il n’est pas nécessaire de devenir expert ni de tout adopter. En revanche, il nous semble important de comprendre l’environnement dans lequel évoluent désormais les élèves. On peut choisir de ne pas utiliser un outil, mais il devient plus difficile d’ignorer son existence lorsque celui-ci transforme les pratiques sociales et professionnelles.
Nous leur conseillerions simplement d’expérimenter, avec curiosité, sans pression et sans obligation de résultat.
À ceux qui l’utilisent déjà, nous dirions de conserver une posture réflexive. L’IA impressionne souvent par la qualité apparente de ses réponses. Pourtant, elle se trompe, simplifie parfois à l’excès ou reproduit certains biais. L’enjeu n’est pas d’obtenir une réponse rapide mais de développer notre capacité à questionner cette réponse. Avec l’IA, plus que jamais il faut développer l’idée du praticien réflexif, pratiquer la métacognition, et être un enseignant concepteur et non simple exécutant.
À cet égard, vive le présentiel !
Le premier point concerne l’esprit critique. Les réponses générées sont souvent convaincantes mais pas nécessairement exactes. Il reste indispensable de vérifier les informations, croiser les sources et exercer son jugement.
Le second porte sur la protection des données et la confidentialité. Les établissements et les enseignants doivent être attentifs aux informations qu’ils partagent avec ces outils, en particulier celles concernant les élèves.
Le troisième est plus pédagogique, comme il est souligné dans la réponse précédente. Nous devons éviter que l’IA ne conduise à une délégation excessive de certaines activités cognitives. Lire, écrire, argumenter, mémoriser ou résoudre des problèmes demeurent des compétences essentielles. L’IA doit venir soutenir ces apprentissages, non les remplacer.
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