Que reste‑t‑il du réel et de notre capacité à le discerner ?
Publié le : ven 26 juin 2026Views: 23

Publié dans : Cognition et Communication

Métapolitique, guerre des récits, guerre cognitive, bulles de filtres, complotisme, post-vérité… un arsenal de concepts est déployé au fil de l’actualité comme si, chacun depuis sa discipline, essayait de comprendre une catastrophe globale. Si les prismes varient, tous s’accordent à en retracer l’origine dans notre accès à l’information au travers des nouveaux médias et des technologies numériques : réseaux sociaux, Internet, algorithmes de curation de l’information, outils génératifs de contenu.

La révolution électronique, informatique et médiatique que nous connaissons depuis le siècle dernier aurait fourni au capitalisme et à la propagande l’opportunité de se renouveler et de se décupler, l’un sous la forme de l’économie de l’attention, l’autre de la cyberguerre narrative. Leurs intentions malveillantes fructifieraient grâce à nos biais cognitifs, notre narcissisme spéculaire, notre envie incessante de divertissement et notre abandon addictif aux stimulations sensationnelles.

Toutes ces explications sont amplement documentées. Elles sont justifiées. Cependant, une question reste en suspens : pourquoi en sommes-nous étonnés ? Que continuons-nous de croire de nous-mêmes et de notre prétendue préférence pour la rationalité ? Pourquoi – après Ricœur, Lacan, Castoriadis, Rosset, tant d’autres – oublions-nous que notre rapport au réel est toujours médié par le langage et le récit ? Nous sommes « l’espèce fabulatrice », comme nous nomme l’autrice Nancy Huston.

Fabriquer des récits

Certes, les Lumières ont exprimé l’ambition d’éclairer le réel pour tenter de le connaître, plutôt que d’y chercher la confirmation de nos mythes à la manière de Don Quichotte. Et en cela Foucault avait raison : Don Quichotte est bien le personnage qui pose la question de la modernité. Non pas dans l’abandon du mythe – car comment l’abandonner ? nous sommes humains – mais dans la volonté de le surveiller.

Faire « comme si »

Un storyworld ne correspond pas seulement à une manière de raconter une histoire – ce qu’on nomme communément le storytelling. Il fonctionne comme une « fabrique de récits » : un ensemble de règles et de repères (un modèle), capable de déployer indéfiniment sa propre cohérence, sa « vérité de fiction ».

Les dangers très réels du « storyworld MAGA »

Dans le storyworld MAGA, la foule présente à l’investiture de Trump ne pouvait qu’être « la plus grande audience ayant jamais assisté à une investiture », tout comme les élections de 2020 ne pouvaient pas avoir été perdues. Faits alternatifs attestés par la vérité de fiction, acceptés par un pacte de vraisemblance collectif, générés par le modèle du storyworld MAGA, où tout ce que fait Trump est, par essence, toujours ce qu’il y a de plus grand et de plus beau.

Vivre en représentation permanente

Dans le Storyworld, deux phénomènes perturbent notre fragile capacité à accepter la prééminence du réel.

Tout d’abord, dans le Storyworld, on vit quelque part : on vit là où se diffusent nos storyworlds performatifs. Le Storyworld les manifeste à la fois par des mécanismes ordinaires – curation sélective des contenus, écho communautaire, affinités médiatiques – et par des procédés délibérés tels que la désinformation ou les deepfakes. Il existe dès lors une continuité et un renforcement mutuel entre nos storyworlds performatifs et le Storyworld que nous habitons. D’où le recours au même terme.

Articles similaires

L'impact du storytelling sur la perception de la réalité dans les médias modernes

Le storytelling contemporain se caractérise par une tendance à transcender les frontières des médias, adaptant les récits de cinéma à divers formats tout en préservant leur essence narrative. Cette approche souligne l'importance de la structure de l'histoire et de l'univers narratif, qui sont intrinsèquement liés. Dans le contexte de la métapolitique et des récits contemporains évoqués dans le nouveau post, cette dynamique de fabrication de récits illustre comment les histoires peuvent être remodelées pour s'adapter aux nouvelles réalités médiatiques, renforçant ainsi l'idée que notre rapport au réel est toujours médié par des narrations, qu'elles soient fictionnelles ou politiques.

L'impact des récits sur notre perception de la réalité et la formation

Les histoires ont un pouvoir captivant qui attire immédiatement l'attention des auditeurs. Dans le contexte de la formation, les formateurs peuvent tirer parti de cette capacité pour engager leur public et faciliter l'apprentissage. En intégrant des récits dans leur approche pédagogique, ils peuvent créer un environnement d'apprentissage plus dynamique et mémorable. Cette stratégie s'aligne avec l'idée que les récits, comme ceux évoqués dans le nouveau post, façonnent notre perception de la réalité et influencent notre compréhension du monde, notamment à travers les médias numériques et les algorithmes de curation.

L'art du storytelling : captiver et transmettre à travers les récits

Le storytelling, ou l'art de raconter des histoires, est un outil puissant qui capte l'intérêt du public et favorise son adhésion, en s'appuyant sur des récits qui ont toujours fasciné l'humanité, depuis les mythes fondateurs jusqu'à nos jours. Cette pratique est essentielle dans divers domaines, y compris la littérature, le cinéma et même les expositions, car elle permet de transmettre des compétences et des connaissances de manière engageante. Dans le contexte de la révolution numérique évoquée dans le nouveau post, le storytelling devient un élément clé dans la fabrication de récits qui façonnent notre perception de la réalité, en particulier à travers les médias sociaux et les algorithmes de curation, renforçant ainsi l'impact des narratives contemporaines.

Partagez cet article

Tous les événements