Grâce à la mobilisation des trois dernières enquêtes européennes sur les politiques de formation continue des entreprises (CVTS), Agnès CHECCAGLINI et Isabelle MARION-VERNOUX, expertes du Céreq, ont pu comparer l’intensité et l’évolution des pratiques dans chaque pays, sur une période de 15 ans.

Si les pays d’Europe de l’Est ont encore des efforts à produire, ceux de Ouest font désormais tous preuve d’une forte implication des entreprises dans la formation. Côté français, ces dernières se caractérisent toujours par un investissement soutenu dans la formation mais selon des modalités qui évoluent peu. En effet, le développement rapide en Europe des formations en situation de travail ne s’observe toujours pas dans l’hexagone.

Depuis 2005, les entreprises européennes simpliquent de plus en plus dans la formation

  • En 2015, 73 % des entreprises des 28 membres de l’UE ont organisé des formations pour au moins un membre de leur personnel ; elles étaient seulement 60 % en 2005.
  • La part la plus élevée d’entreprises formatrices se trouve en Norvège et en Lettonie (99 %). La Roumanie et la Grèce (22 %) ferment la marche.

Progression des formations en situation de travail en Europe en 2005 et 2015 :

En 50 ans, la formation en France est passée progressivement d’un modèle privilégiant les formations longues certifiantes à des pratiques favorisant l’adaptation au poste de travail. Aujourd’hui, le contexte économique défavorable devrait inciter les entreprises à innover pour développer les compétences de leurs salariés, en combinant davantage travail et formation. La voie ouverte par la valorisation des actions de formation en situation de travail par la Loi Avenir professionnel pourrait constituer un bon levier pour les entreprises françaises.