[Newsletter #136] La certification de la formation n’est pas un long fleuve tranquille

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Le marché de la formation cherche depuis de nombreuses années à encadrer ses pratiques pour s’orienter vers une garantie de l’efficacité des actions de formation. Pour l’instant, l’attention est largement concentrée sur les aspects administratifs et organisationnels, mais est-ce suffisant ?

 

Pourquoi certifier ?

Les sommes engagées par les entreprises en formation sont rondelettes, il est donc compréhensible qu’en face de ces dépenses, elles attendent un résultat. Et pour éviter les déconvenues après-coup, la tentation de mettre en place des référentiels et des certifications est bien légitime. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les intentions ne sont pas restées sans résultats.

 

Certifier les organismes

Pour être un organisme certifié, le processus commence dès la déclaration d’activité à la Dirrecte. À cette première étape, les choses sont claires, on ne peut se déclarer organisme de formation que si l’on est en mesure de fournir une convention de formation signée. Pour faire simple : pour devenir un organisme de formation, il faut déjà faire de la formation. Étonnant non ?

Plus étrange encore, est la réponse faite par la Dirrecte à la première des questions :

« Existe-t-il une définition précise qui me permet de savoir si les actions que je conduis rentrent dans le champ de la formation professionnelle continue ? »

Et la réponse est :

« Il n’existe pas précisément de définition de l’action de formation professionnelle qui suppose le respect de différentes dispositions concernant les objectifs généraux de la formation, la typologie des actions et les modalités de déroulement de celle-ci en relation avec la nature du public, la durée de la formation et les connaissances transmises. »

Depuis le 1er janvier 2017 (date d’entrée en vigueur du Décret Qualité du 30 juin 2015), pour que les actions de formations proposées puissent être prises en charge par les OPCA (mais les choses vont bientôt changer, avec la nouvelle réforme, ou la réforme de la réforme de la réforme), il faut être dans Datadock. Là encore, pour valider les 21 critères, il faut justifier par des preuves, les procédures et les actions passées. Impossible donc pour un nouvel entrant d’être dans Datadock. Et quand bien même les preuves existent, il semblerait que l’exercice de renseigner correctement Datadock ne soit pas des plus simples. Des petits business se sont même créés pour aider à franchir les portes de Datadock.

Mais est-ce que ce parcours du combattant apporte une garantie aux entreprises que les actions de formation d’un organisme certifié seront efficaces et de qualité ? Rien n’est moins sûr, car ce ne sont que les processus qui sont certifiés, et jusqu’à preuve du contraire ce ne sont pas les processus qui forment, mais les hommes.

 

Certifier les hommes

Autant la certification des organismes implique une rigueur implacable dans la formalisation des programmes, la description des méthodes pédagogiques, du déroulement des formations et des modalités d’évaluation, autant il n’est pas fait grand cas des hommes.

Pourtant, que ce soit par des actions de formation traditionnelles (avec un formateur en salle) ou bien en Digital Learning (avec des dispositifs blended) la qualité des formations est dépendante des compétences des acteurs de ces actions :

  • en conception pédagogique
  • en production de supports
  • en animation
  • en accompagnement

Pour être et rester certifié, il n’est pas permis de légèreté dans l’établissement de la fiche programme d’une action de formation, mais il est autorisé (car ni défini ni vérifié) d’être confus dans une démarche pédagogique, ou de bâtir ses stratégies d’apprentissage sur des neuromythes.

Bien sûr, la démarche de certification des acteurs de la formation est un chantier autrement plus complexe que celui des processus, il semble cependant évident qu’on ne pourra réellement parler de Qualité en formation qu’en s’y attaquant pour de bon.

 

Certifier les outils et les ressources ?

Parmi les différents champs concernés par les certifications, celui des outils est pour l’instant absent. Indirectement la loi RGPD va obliger à s’assurer que les différents outils utilisés pour gérer les actions de formation ne sont pas trop curieux et partageurs, mais encore une fois, ce sont les processus qui sont concernés, pas la pertinence des outils.

En salle, il ne viendrait à l’idée de personne d’oublier des chaises, ou bien au formateur de tourner le dos aux participants en permanence. En formation à distance, il arrive pourtant encore d’avoir à subir des plateformes LMS peu engageantes ou bien de suivre des modules de boring-learning, et Datadock n’y voit que du feu.

Comme pour les hommes, la qualité des actions de formation est également influencée par la qualité des outils et des ressources.

Cependant, comme on l’a vu avec le DieselGate, à vouloir contraindre et normaliser trop vite et trop fortement, on arrive parfois à l’effet inverse de celui escompté.

 

« Vos papiers s’il vous plaît ! » — Ludovic Cruchot

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